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Les causes d’un accident vasculaire cérébral

vendredi 14 août 2009, par webmaster

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Un AVC est un arrêt subit du fonctionnement du cerveau. Il est causé par l’arrêt de la circulation sanguine vers le cerveau (AVC ischémique) ou par la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau (AVC hémorragique) provoquant ainsi la mort des cellules cérébrales de la partie du cerveau qui est touchée. Les séquelles d’un AVC dépendent de la région endommagée et de l’étendue des dommages.

Environ 20 % du sang pompé par le coeur se dirige vers le cerveau, qui est extrêmement sensible à toute interruption de l’apport en oxygène. Si l’apport en sang et en oxygène est coupé suffisamment longtemps, une partie des cellules du cerveau mourront. Mis à part le manque d’oxygène, d’autres réactions chimiques en chaîne, déclenchées par la privation d’oxygène, contribuent à la mort du tissu cérébral. L’ischémie, ou manque d’oxygène, entraîne différents problèmes selon la localisation et la sévérité de la zone du cerveau qui est touchée. Les parties du corps contrôlées par les parties endommagées du cerveau ne pourront plus alors fonctionner correctement.

L’AVC est la troisième cause de mortalité au Canada après les crises cardiaques et le cancer ; c’est également une des premières causes d’invalidité ou de perte d’autonomie. L’AVC frappe, la plupart du temps de façon inattendue, chez les personnes de tous âges, mais beaucoup plus rarement avant l’âge de 55 ans. Par ailleurs son incidence augmente avec l’âge. Ainsi l’incidence d’AVC à l’âge de 55-64 ans est environ de 150 par 100 000 personnes par année, comparativement à 600 par 100 000 par année chez les personnes âgées de 80 ans et plus. 

 LES CAUSES

La cause majeure de l’AVC demeure l’athérosclérose dont les facteurs de risque les plus importants sont l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle et le tabagisme. L’obésité, le diabète sucré, l’hypertriglycéridémie, l’inactivité physique et le stress sont également des facteurs influents. Le fait d’être un homme augmente les risques de subir un AVC de 30 %, spécialement après l’âge de 65 ans. Peu importe que l’on soit un homme ou une femme, après l’âge de 55 ans, les risques d’un AVC doublent par tranche de 10 ans. L’AVC n’est pas d’origine héréditaire, par contre des facteurs de risque importants le sont, tels l’athérosclérose, l’hypertension et le fait d’être de race noire. En effet, les personnes de race noire courent deux fois plus le risque de subir un AVC que les personnes de race blanche, peut-être parce qu’elles sont plus portées à souffrir d’hypertension.

Un AVC d’origine hémorragique est le résultat de la rupture soudaine d’une artère cérébrale. Les lésions cérébrales hémorragiques représentent 20 % des AVC et peuvent être causées par :


- La rupture d’une petite artère profonde du cerveau due à une hypertension de longue durée serait responsable de 10 % des AVC.


- La rupture d’un anévrisme ou une malformation artérioveineuse (MAV) qui répand le sang dans l’espace entre le cerveau et le crâne, entraînant une hémorragie sous-arachnoïdienne. Un anévrisme est le gonflement d’une artère cérébrale ou la formation d’un petit sac ou renflement sur une artère cérébrale, situation rencontrée plus souvent chez la femme que chez l’homme. Responsable de 10 % des AVC, l’anévrisme compte pour la moitié des AVC entraînant la mort chez les personnes de moins de 45 ans. L’anévrisme annonce parfois sa présence avant son éclatement et la venue des symptômes. Cette annonce prend la forme d’un mal de tête subit, très sévère. La rupture peut survenir durant le sommeil ou lorsqu’il y a élévation soudaine de la pression (toux, exercice physique intense, orgasme).

Un AVC d’origine thrombo-embolique, aussi appelé infarctus cérébral, est causé par un caillot sanguin. Lorsque le caillot se forme à l’intérieur d’une artère cérébrale, on parle alors de thrombose. On parle d’embolie lorsque le caillot se forme ailleurs (dans le coeur ou dans une des artères du cou, les carotides) et est transporté dans le cerveau par la circulation sanguine. Dans 80 % des cas, les AVC sont secondaires à ce genre de phénomènes. Le blocage de petits vaisseaux sanguins cérébraux, lui, compte pour 20 % des AVC.

Les phénomènes thrombo-emboliques surviennent plus souvent chez les personnes souffrant d’athérosclérose et de cardiopathies.

Ainsi, l’athérosclérose entraîne le rétrécissement ou le blocage de vaisseaux sanguins alimentant le cerveau - les carotides en avant du cou et les vertébrales en arrière - et serait responsable de 20 à 25 % des AVC emboliques.

Également susceptibles de causer un AVC : les problèmes d’embolie d’origine cardiaque. Dans ce cas-ci, l’embolie ou le caillot origine du coeur et compte pour 15 à 25 % des AVC. La fibrillation auriculaire (FA), une arythmie cardiaque assez fréquente, représente une des causes principales de formation de caillots dans le coeur. La fibrillation auriculaire affecte environ 5 % des personnes de plus de 60 ans. L’infarctus du myocarde ou crise cardiaque peut également en être la cause si une paroi cardiaque fraîchement endommagée ne pompe pas correctement et forme un thrombus mural (un caillot qui est fixé ou accroché à la paroi du coeur).

SIGNES ET SYMPTÔMES

Les symptômes d’un AVC varient selon la cause (hémorragique ou thrombo-embolique), la localisation et la gravité du dommage cérébral. Les symptômes vont d’un léger engourdissement à la paralysie complète. Étant donné que plusieurs fonctions sont contrôlées par des côtés opposés du cerveau, des dommages au côté gauche du cerveau vont affecter le côté droit du corps et vice versa. Les principaux signes avant-coureurs d’un AVC sont :

- un engourdissement ou une perte de la force qui peut aller jusqu’à la paralysie complète d’un côté du corps (visage, bras, jambe) ;
- la perte soudaine de la parole, des problèmes d’élocution (dysarthrie) ou de la difficulté à comprendre des mots ou à lire (aphasie). La personne peut tout simplement sauter un mot, ne pas être capable de trouver le bon mot, ressentir une faiblesse dans la mâchoire ou avoir un manque de coordination avec sa langue ;
- une vision soudainement trouble ou voilée ou une perte de vision, la plupart du temps dans un oeil seulement ;

- des maux de têtes graves et inhabituels, accompagnés de nausée et de somnolence ;

- étourdissement ou sensation de vertige ;

- chute soudaine, instabilité, mouvements gauches ;

- perte de conscience inexplicable ou chute ;

- démarche hésitante, déséquilibre ;

- tremblement d’un côté du corps (un bras, une jambe) ;

- difficulté de déglutition ;

- diminution de la sensation du toucher.

Il est important de ne pas ignorer les symptômes d’un AVC même si, de prime abord, ils semblent insignifiants et même s’ils disparaissent complètement. Les symptômes peuvent durer seulement de 10 à 15 minutes, mais le fait d’en tenir compte et de rechercher des conseils médicaux peut prévenir l’arrivée de dommages encore plus dévastateurs. Les AVC varient en gravité, ainsi une ischémie cérébrale transitoire ne dure que quelques minutes et se dissipe complètement en moins de 24 heures, ne laissant aucune séquelle. De fait, une ischémie cérébrale transitoire (ICT) précède environ 30 % de tous les « vrais » AVC. Un déficit ischémique neurologique réversible (DINR) est aussi complètement réversible et présente les mêmes symptômes transitoires qu’une ICT mais ils peuvent durer plus de 24 heures et disparaître à l’intérieur de 72 heures à une semaine. Une attaque complète présente des symptômes pouvant durer plus de 2 semaines, et laisse des séquelles permanentes ayant différents degrés de gravité. Une attaque progressive ou évolutive implique des incapacités neurologiques qui s’aggravent progressivement avec le temps.

 
TESTS ET DIAGNOSTICS
 

La confirmation du diagnostic de l’AVC se fait à l’aide du CT scan ou de l’imagerie à résonance magnétique. La recherche de la cause inclura habituellement un examen nommé doppler cervico-encéphalique qui permet de ""voir"" les artères nourricières du cerveau et en particulier les carotides. Une échographie cardiaque est parfois utile. Lors de l’examen physique, le médecin recherche les signes d’atteinte neurologique, perte de la force et de la sensibilité. Il pourra aussi rechercher la présence d’un souffle au niveau du cou qui suggérerait la présence de lésions athéromateuses menant au blocage des carotides. De façon simple, le médecin cherchera à éliminer l’hypertension artérielle et la présence d’une arythmie cardiaque.

 
TRAITEMENT
 

Certains médicaments, la ticlopidine ou le dipyridamole par exemple, peuvent être employés. Pour ce qui est des personnes présentant des symptômes cardiaques (cardiopathie ischémique) ou fibrillation auriculaire, on recommande la prise d’un anticoagulant, comme la warfarine (Coumadin).

Du côté chirurgical, l’American National Institute of Health stipule que l’endartérectomie des carotides doit être considérée comme un traitement standard chez les personnes ayant des artères carotides sérieusement obstruées. Cette opération consiste à retirer les plaques athéromateuses des artères carotidiennes. Elle est hautement efficace pour prévenir les AVC chez les personnes dont les artères carotides sont très obstruées et qui ont déjà subi une ICT à cause de cet état.

Peu importe la cause, et d’une manière générale, l’AVC est un diagnostic sérieux qui peut laisser des séquelles importantes, d’où la nécessité de contrôler au maximum les facteurs de risque.

Dans certaines circonstances, des médicaments visant à faire fondre un caillot responsable de l’AVC peuvent être administrés. C’est pourquoi, il faut consulter dès les débuts des symptômes.

 
SUIVI ET ACCOMPAGNEMENT

Le traitement et la réhabilitation à la suite d’un AVC dépendent de sa gravité et de ses effets. Les parties non endommagées du cerveau continuent à fonctionner aussi bien qu’avant. Toutefois, même des lésions mineures peuvent rendre des tâches comparables difficiles à réaliser.

De façon générale, une atteinte du côté gauche du cerveau entraînerait :

- une paralysie ou faiblesse du côté droit du corps ;

- une approche lente, hésitante et anxieuse ;

- de la dysarthrie (difficulté d’articulation des mots) ;

- problèmes de déglutition ;

- tâches familières effectuées de manière désorganisée ;

- de l’aphasie (difficulté de lecture, d’écriture et de langage) ;

- il peut y avoir perte de la parole mais non de la compréhension.

Tandis qu’une atteinte du côté droit du cerveau entraînerait :

- une paralysie ou faiblesse du côté gauche du corps ;

- une difficulté à effectuer des tâches particulières (lancer, attraper), incapacité à juger des distances, de l’espace, de la position et du mouvement ;

- difficulté à reconnaître les visages et endroits familiers ;

- une attitude impulsive (difficulté à transmettre les émotions) ;

- perte de mémoire, problèmes à retenir les dates et les rendez-vous, difficulté à apprendre de nouvelles tâches ;

- problèmes dans le positionnement des mains et des pieds ;

- trébuchements fréquents ;

- conduite dangereuse ou traversée de route hasardeuse ;

- mauvais jugement de ses propres capacités ;

- compréhension de commandements oraux et non écrits ;

- besoin d’encouragements à aller doucement, à recommencer, à prendre son temps.

 
PREVENTION
 

On estime que la moitié des AVC pourraient être évités par l’adoption de mesures préventives qui sont l’essentiel de la thérapie d’aujourd’hui. Ces mesures préventives sont :

- Contrôler et prévenir le diabète. - Contrôler le taux de cholestérol. - Diminuer le tabagisme. - Contrôler l’hypertension artérielle. - Éviter la combinaison contraceptifs oraux et tabagisme. - Prise d’acide acétylsalicylique (AAS), mieux connu sous le nom d’aspirine ou entrophen, chez les personnes à haut risque. L’AAS réduit presque de moitié l’incidence d’AVC et de crises cardiaques, spécialement chez les hommes. Cette réduction des risques est due à la diminution de l’agrégation plaquettaire et de la formation de caillots. Il ne faut toutefois pas oublier qu’il s’agit d’un médicament qui doit être pris sous surveillance médicale. En effet, l’aspirine peut causer des hémorragies digestives.

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